La nouvelle Volkswagen Scirocco se distingue par son style unique, sans élément commun avec la Golf. Hélas, les sensations de conduites ne sont pas aussi flamboyantes. Décidément, Volkswagen fait feu de tout bois dans les "niches" du marché automobile. Après le Tiguan l'année dernière et la Passat CC ce printemps voici, donc le nouveau Scirocco, qui reprend le flambeau du Corrado abandonné en 1995. Quand il s'est agit de choisir un nom pour son nouveau coupé compact, Volkswagen a donc préféré revenir à l'origine du mythe en retenant celui du Scirocco. Lancé peu avant la Golf, en 1974, ce coupé 2+2 fut la première automobile sportive à part entière de la marque. Pourtant, en découvrant le nouveau coupé, bien malin celui qui saura établir des similitudes esthétiques avec son ancêtre. Ses lignes très râblées sont bien éloignées des angles vifs et des larges surfaces vitrées du premier Scirocco dû à Giugiaro. En revanche, l'air de famille avec les modèles actuels de la gamme est évident. Nous pouvons en témoigner, le Scirocco attire les regards : de nombreux piétons s'arrêtaient sur notre passage. Il est vrai que son principal atout est d'être un coupé à part entière, sans aucun panneau de carrosserie commun avec la Golf. Si l'on y réfléchit bien, il n'existe pas d'équivalent sur le marché, mis à part le petit Hyundai coupé qui commence à accuser le poids des ans (lire notre essai Hyundai Coupé). Dessous connus Sous ces abords originaux, le mécano industriel cher au groupe Volkswagen reprend ses droits. L'intérieur ne surprend guère : il reprend la planche de bord un peu triste de l'Eos et les sièges sport de la Passat. Ceux qui avaient apprécié l'habitacle de l'Iroc (lire notre article Iroc) ont de quoi être déçus. Au demeurant, le conducteur appréciera de pouvoir s'y installer à son aise : l'amplitude de réglage offerte par les sièges et le volant permettent de trouver facilement une bonne position de conduite. La qualité de finition est également remarquable avec des plastiques moussés en abondance et un assemblage sans reproche. Les passagers arrière ne seront pas aussi joyeux s'ils mesurent plus d'1 m 75. Certes la Scirocco est une véritable 4 places mais la garde au toit s'avère particulièrement réduite. L'impression de confinement y est également très forte : les très petites vitres de custode ne sont pas du genre à laisser une vue prenante sur le spectacle du monde ! Au delà du strict confort visuel, le dessin de la partie arrière a un effet désastreux sur la visibilité. Non seulement l'angle mort en trois quarts arrière est très important mais la rétrovision centrale est également réduite : la très petite lunette est obérée par des appuie têtes pas vraiment discrets. Les dessous du coupé Volkswagen n'ont pas de quoi susciter la surprise : la plateforme PQ 35 de la Golf actuelle et de la prochaine reprend du service. Les motorisations sont également bien connues. Nous avons pour notre part retenu le 1.4 TSI Twincharger de la Golf GT. Un TSI un peu étouffé A bord du Scirocco, le TSI (lire notre article sur le moteur TSI) est passé à la moulinette des exigences écologiques et, malheureusement, il y laisse des plumes. Par rapport à la GT, sa puissance a été réduite de 10 ch et surtout les rapports de la boîte de vitesse manuelle six vitesses ont été considérablement allongés. La consommation s'en ressent puisque Volkswagen annonce une consommation de 6.6 litres aux 100 km contre 7,2 pour la Golf. Il en résulte un manque de caractère évident et une certaine paresse à partir du troisième rapport. Tous les plaisirs mécaniques qui faisaient le charme de la GT sont ici étouffés. L'insonorisation très poussée ne permet ainsi plus de distinguer à l'oreille le passage de relai entre le compresseur et le turbo. Les utilisateurs de la Golf ne seront pas dépaysés au volant du Scirocco. Le comportement est similaire, voire même un peu moins vif sur le coupé. Certes, la direction apparaît assez directe et précise mais l'amortissement est insuffisant sur route bosselée. Au volant, le Scirocco semble peser plus lourd que ses 1.326 kg : les sensations sont systématiquement gommées. Bref, l'agilité et l'agrément de conduite ne sont pas ceux que le physique agressif peut laisser deviner.